Samedi 28 novembre

MÉDITATION  SUR LES TEXTES DU SAMEDI 28 NOVEMBRE PAR LE PÈRE SAMUEL MELEDI  VICAIRE A ANNOT .

Chers frères et sœurs bienaimés dans le Seigneur,

Loué soit  Christ !

Les lectures de ce jour nous situent quelque peu déjà dans la réalité  de la fin des temps, comme les textes nous la présente en chaque fin d’année liturgique. Bien entendu, la fin des temps peut être également la fin dernière de chacune de notre vie terrestre donnant l’ouverture sur «  la vie du monde à venir » , selon le dernier article de  notre credo . Ce monde à venir,   c’est en fait cette vision béatifique où « toute malédiction aura disparu »  et où les serviteurs de Dieu verront la face de l’Agneau .  La nuit disparaitra,  plus besoin de la lumière d’une lampe ni de la lumière du soleil, parce que le Seigneur Dieu les illuminera. Et Saint Jean ajoute : « ces paroles sont dignes de foi et vraies… » Ce qui veut dire que dans un avenir proche ou lointain, toutes « ces réalités d’en haut » vont advenir, et cela déjà dès la fin de chacune de notre terrestre. Nous devons croire comme nous le professons  en cette vie du monde à venir. Pour nous y préparer, l’Évangile du jour nous donne les pistes assurées et éclairantes. Ne pas être dans l’amnésie, c’est-à-dire l’oubli de soi et l’oubli de Dieu.  « Tenez-vous sur vos gardes » ,  afin que les vices  n’endorment pas notre cœur. Les moyens et la force nécessaire  pour s’y échapper, c’est de rester éveillé et prier « EN TOUT TEMPS ».  Oui frères et sœurs le  « tout temps » en question, que nous  devons disposer pour prier,  est-ce que nous l’avons  réellement ?

Vendredi 27 novembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    Jésus dit à ses disciples cette parabole :
« Voyez le figuier et tous les autres arbres.
    Regardez-les :
dès qu’ils bourgeonnent,
vous savez que l’été est tout proche.
    De même, vous aussi,
lorsque vous verrez arriver cela,
sachez que le royaume de Dieu est proche.
    Amen, je vous le dis :
cette génération ne passera pas
sans que tout cela n’arrive.
    Le ciel et la terre passeront,
mes paroles ne passeront pas. »

Jésus vient de dire à ses disciples : 

  » Quand ces évènements commenceront , redressez-vous et relevez la tête , car votre rédemption approche ».

 Mais comment être sûr qu’il s’agit bien de ces évènements « apocalyptiques » qu’il vient d’annoncer ?

 Alors Jésus parle d’une manière très concrète , comme à des petits : 

 « Voyez le figuier et tous les autres arbres. Regardez-les : dès qu’ils bourgeonnent, vous savez que l’été est 

  tout proche » . C’est vrai , cela ? On objectera peut-être qu’avec les perturbations climatiques actuelles , ça 

  n’est pas toujours si vrai … Mais qu’est-ce que Jésus veut nous dire ? 

  «  Lorsque vous verrez arriver cela …  »   Jésus nous dit : veillez ! Guettez !  

  Alors , faisons-le !  Et demandons-nous :  est-ce que , aujourd’hui , nous voyons « arriver » cela  ?

  N’est-il pas très important d’oser (se) poser cette question ? Cela demande un courage certain de se la 

  poser vraiment …  un « courage » de chrétien : justement parce que Jésus nous a miséricordieusement avertis 

  ( « Quand ces évènements commenceront, redressez-vous … » ) , nous n’avons pas à avoir peur de nous la 

  poser : chacun personnellement d’abord ,  mais aussi ensemble … !

 « … Nous n’appartenons pas à la nuit et aux ténèbres . Alors, ne restons pas endormis comme les autres , 

     mais soyons vigilants et restons sobres . » ( 1 Thessal. 5,5et 6) 

                                  car l’Époux vient , bientôt !    (cf Apoc. 22,20)

    Frère Benoit-Marie

Evangile du 26 novembre – Lc 21, 20-28

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Quand vous verrez Jérusalem encerclée par des armées,
alors sachez que sa dévastation approche.
    Alors, ceux qui seront en Judée,
qu’ils s’enfuient dans les montagnes ;
ceux qui seront à l’intérieur de la ville,
qu’ils s’en éloignent ;
ceux qui seront à la campagne,
qu’ils ne rentrent pas en ville,
    car ce seront des jours où justice sera faite
pour que soit accomplie toute l’Écriture.
    Quel malheur pour les femmes qui seront enceintes
et celles qui allaiteront en ces jours-là,
car il y aura un grand désarroi dans le pays,
une grande colère contre ce peuple.
    Ils tomberont sous le tranchant de l’épée,
ils seront emmenés en captivité dans toutes les nations ;
Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens,
jusqu’à ce que leur temps soit accompli.
    Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles.
Sur terre, les nations seront affolées et désemparées
par le fracas de la mer et des flots.
    Les hommes mourront de peur
dans l’attente de ce qui doit arriver au monde,
car les puissances des cieux seront ébranlées.
    Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée,
avec puissance et grande gloire.

    Quand ces événements commenceront,
redressez-vous et relevez la tête,
car votre rédemption approche. »

« Il y aura un grand désarroi dans le pays », « sur terre, les nations seront affolées et désemparées ».
Ces textes des temps derniers, qui reviennent chaque année, prennent aujourd’hui une tonalité singulière et nous rejoignent dans notre quotidien où nous faisons face à la pandémie.

A écouter ses paroles dans l’Evangile d’aujourd’hui, Jésus serait-il un prophète de malheur ?

Si nous regardons le texte de près, Jésus annonce son retour dans la gloire tout en étant ému par les difficultés qui risquent de nous assaillir. Il se préoccupe de notre sort : Il nous conseille des mesures de confinement hors des villes (comme notre département s’y prête aujourd‘hui). Il plaint les femmes enceintes et celles qui allaitent ; tendresse réelle pour cette vocation féminine, mais plus profondément aussi, sollicitude pour l’Eglise, qui engendre à la Vie divine et nourrit les croyants avec le « lait pur de la Parole » comme le dit Saint Pierre (1P 2,2).

Au-delà des drames, il y a la présence de Jésus, sa venue dans nos vies. La catastrophe n’est pas ce que Dieu désire, et Jésus veut nous aider à dépasser les moments terribles. « Quand ces évènements commenceront, redressez-vous et relevez la tête ». Vous avez peut-être fait vous-mêmes cette expérience que dans des moments dramatiques, Jésus est tout proche, se glissant parfois vers nous à travers les fissures de ce qui s’écroule. Oui, dans l’adversité, notre résilience, c’est Jésus à nos côtés, lui qui a connu la mort si dure de la Croix, puis la Résurrection.

Férie du temps ordinaire ou Sainte Catherine d’Alexandrie

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 21, 12-19)

   En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « On portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom. Cela vous amènera à rendre témoignage.

    Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer. Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

 – Acclamons la Parole de Dieu.

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« À cause de mon Nom ! »

     Dans ce texte d’évangile, deux tonalités se dégagent : une grave qui peut semer la confusion et le doute ; de celle qu’on n’aimerait jamais entendre et qui nous porte des paroles de persécutions, des souffrances, de la haine et même de mort. Et l’autre, plus réconfortante et rassurante qui nous dit : « ne vous préoccupez pas de votre défense » : je m’en occupe ; peut-on entendre de la part de Jésus. « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu ! »

    Dans l’actuel contexte anxiogène et morose dû à la covid-19 et au confinement, on peut dire que Jésus nous rappelle notre condition de chrétien : vivre sa foi en Dieu au cœur du monde n’est pas sans contrariétés et sans danger, car on est continuellement soumis aux moqueries et tracasseries de toutes sortes : « à cause de mon Nom ! » précise-t-il. Pire encore, l’indifférence des sociétés qui croient se suffire à elles-mêmes. Jésus nous assure aussi de sa présence à nos côtés dans ces moments et dans les combats de la vie. Et ça,                                       C’EST RASSURANT !

     Deux exigences pour tenir bon sur la durée : persévérer pour ne pas se laisser égarer (“L’espérance ne déçoit pas.”) (Rm 5, 5) et ensuite, rendre témoignage au Christ, parce que lui seul est la cause de notre salut. « Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien. » (Rm 8,28) CONFIANCE !! Le Christ a vaincu le monde. Amen !

                                                                                                      P. François Xavier AYISSI

24 novembre Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    comme certains parlaient du Temple,
des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient,
Jésus leur déclara :
    « Ce que vous contemplez,
des jours viendront
où il n’en restera pas pierre sur pierre :
tout sera détruit. »
    Ils lui demandèrent :
« Maître, quand cela arrivera-t-il ?
Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? »
    Jésus répondit :
« Prenez garde de ne pas vous laisser égarer,
car beaucoup viendront sous mon nom,
et diront : “C’est moi”,
ou encore : “Le moment est tout proche.”
Ne marchez pas derrière eux !
    Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres,
ne soyez pas terrifiés :
il faut que cela arrive d’abord,
mais ce ne sera pas aussitôt la fin. »

    Alors Jésus ajouta :
« On se dressera nation contre nation,
royaume contre royaume.
    Il y aura de grands tremblements de terre
et, en divers lieux, des famines et des épidémies ;
des phénomènes effrayants surviendront,
et de grands signes venus du ciel. »

Le temple a été construit en l’honneur de Dieu et comme lieu de prière. Il était magnifique dans sa splendeur et tous ceux qui le voyaient ne pouvaient rester indifférents. Il est très facile de s’émerveiller de la beauté extérieure de quelque chose ou de quelqu’un. Il était très facile d’admirer les artistes et leur talent et d’oublier pourquoi ils le faisaient, et pour qui. Mais pour aller plus loin, il faut faire un effort.

Ce n’est peut-être pas une bonne analogie, mais on pourrait dire que ce qui était le temple pour les Juifs, c’était Notre-Dame de Paris pour les Français.

La destruction du Temple a certainement choqué les Juifs et a complètement changé leur approche de Dieu. La destruction de Notre Dame a été assez choquante pour les Français. Il y a quelques questions que nous pourrions poser.

Pourquoi y a-t-il eu un choc ? L’impact qu’elle a eu a-t-il changé les cœurs, la relation avec Dieu?

Prions pour que dans chaque église que nous visitons notre regard ne s’arrête pas sur la beauté visible. N’oublions pas que  » on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. « 

Matej Dragoner

COMMENTAIRE DE L’ÉVANGILE DU LUNDI 23 NOVEMBRE 2020

Luc 21, 1-4

En ce temps-là,
comme Jésus enseignait dans le Temple,
levant les yeux, il vit les gens riches
qui mettaient leurs offrandes dans le Trésor.
Il vit aussi une veuve misérable
y mettre deux petites pièces de monnaie.
Alors il déclara :
« En vérité, je vous le dis :
cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres.
Car tous ceux-là, pour faire leur offrande,
ont pris sur leur superflu
mais elle, elle a pris sur son indigence :
elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre. »

Jésus sait voir. Il lit dans les cœurs. Il remarque que les riches font claironner devant eux leur offrande. De toute façon, ils ne donnent qu’une partie de leur superflu. Mais il aperçoit une veuve indigente qui porte sur elle sa pauvreté. Elle met dans le tronc du Trésor deux piécettes de bronze, tout ce qu’elle avait pour vivre. Jésus est en admiration devant cette femme. Comme dit saint Luc : « elle offre sa vie ». Elle ne garde rien pour elle, elle se donne à Dieu, elle s’en remet à lui. Elle est l’image de cette pauvreté dont nous parle Jésus dans les Béatitudes : « Heureux, vous les pauvres : le Royaume de Dieu est à vous » (Lc 6, 20). Le riche est plein de lui-même. Il aura du mal à laisser à Dieu une vraie place dans sa vie. Celui qui a un esprit de pauvre n’est pas encombré. Il peut accueillir avec joie dans sa vie Dieu et les autres. On comprend que Jésus invite ses disciples à contempler cette femme : n’est-elle pas une image de ce qu’il attend de ses disciples : « Qui veut sauver sa vie, la perdra ; mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile, la sauvera » (Mc 8, 35). Jésus se sent en affinité profonde avec cette femme. N’est-il pas celui qui se donne lui-même pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance ? Demandons à Dieu d’entrer dans ce regard du Christ et de savoir répondre à son appel.

                                Jean-Pierre RICARD

Méditation de l’Evangile de St Mathieu 25, 31-46

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui,
alors il siégera sur son trône de gloire.
    Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des boucs :
    il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.

    Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
‘Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume
préparé pour vous depuis la fondation du monde.
    Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
    j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !’
    Alors les justes lui répondront :
‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu…?
tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
    tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
    tu étais malade ou en prison…
Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?’
    Et le Roi leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l’avez fait
à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.’  

    Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
‘Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
    Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
    j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.’
    Alors ils répondront, eux aussi :
‘Seigneur, quand t’avons-nous vu
avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
sans nous mettre à ton service ?’
    Il leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l’avez pas fait
à l’un de ces plus petits,
c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’

    Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
et les justes, à la vie éternelle. »

Les choses qui nous sont demandées de faire sont si simples : donner à manger et à boire à ceux qui ont faim et soif ; vêtir ceux qui sont nus ; rendre visite à ceux qui sont malades et en prison. Que nous le réalisions ou non, chaque fois que nous prenons soin spontanément d’un frère ou d’une sœur dans le besoin, c’est Jésus lui-même que nous servons.

Le point important à retenir est, « Je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Jésus s’identifie expressément à la personne dans le besoin : chaque fois que nous négligeons d’aider un frère ou une sœur, nous négligeons Jésus lui-même. Souvenons-nous d’aider les autres, comme Jésus nous le demande.

Il ne s’agit pas tant d’un code de conduite dans cette parabole que de la solidarité. « À quoi ressemble votre solidarité vis-à-vis des personnes affamées, des étrangers, des personnes nues, des malades, des prisonniers ? ».

Cette parabole des moutons et des chèvres ne concerne pas l’avenir, elle demande d’ouvrir les yeux ici et maintenant sur les besoins de mes voisins – ceux qui ont faim, ceux qui n’ont pas de maison, les réfugiés, les isolés. Jésus s’identifie à chacun d’eux. Si je me détourne de mes frères et de mes sœurs dans le besoin, je me détourne de mon frère Jésus.

Le Père trouve son Bonheur dans ceux qui se montrent bons, miséricordieux, qui font preuve d’amour envers ceux qui sont dans le besoin.

Père Fernando PARRADO.

21 Novembre

En ce temps-là,
    quelques sadducéens
– ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection –
s’approchèrent de Jésus
    et l’interrogèrent :
« Maître, Moïse nous a prescrit :
Si un homme a un frère
qui meurt en laissant une épouse, mais pas d’enfant,
il doit épouser la veuve
pour susciter une descendance à son frère.

    Or, il y avait sept frères :
le premier se maria et mourut sans enfant ;
    de même le deuxième, puis le troisième épousèrent la veuve,
et ainsi tous les sept :
ils moururent sans laisser d’enfants.
    Finalement la femme mourut aussi.
    Eh bien, à la résurrection,
cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse,
puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »

    Jésus leur répondit :
« Les enfants de ce monde prennent femme et mari.
    Mais ceux qui ont été jugés dignes
d’avoir part au monde à venir
et à la résurrection d’entre les morts
ne prennent ni femme ni mari,
    car ils ne peuvent plus mourir :
ils sont semblables aux anges,
ils sont enfants de Dieu
et enfants de la résurrection.
    Que les morts ressuscitent,
Moïse lui-même le fait comprendre
dans le récit du buisson ardent,
quand il appelle le Seigneur
le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.
    Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants.
Tous, en effet, vivent pour lui. »
    Alors certains scribes prirent la parole pour dire :
« Maître, tu as bien parlé. »
    Et ils n’osaient plus l’interroger sur quoi que ce soit.

QUI SONT MES FRÈRES, MA SŒUR, MA MÈRE ? 

Certaines attitudes de Jésus, à l’égard de Marie en particulier,  sont parfois déroutantes. Pensons tout d’abord à l’apparente fugue du jeune « ado » et son angoissante recherche, sans autre explication que son étonnement face à l’inquiétude de ses parents :« Mais pourquoi me cherchiez-vous ? » Et encore à Cana quand cette fois-ci  il semble carrément éconduire sa mère : « Femme, que me veux-tu ? » Et enfin il y a cette façon qu’il a d’ignorer sa mère et ses frères de sang, venus le rencontrer, avec cette fin de non-recevoir : « Qui est ma mère et qui sont mes frères ? » Peut-on voir là un manque de reconnaissance à l’égard des siens, et surtout à l’égard de Marie ?  Impossible à concevoir de la part de Jésus, si aimant par ailleurs ;  et d’ailleurs dans le cantique du Magnificat, retenu pour la liturgie de cette messe, Marie chante sa joie d’avoir porté en elle ce Fils si aimant. 

Quelle est donc la raison de cette mise à distance ? Pour cela il convient de se reporter à la fin de l’ « histoire » :   avec Jésus désormais  ressuscité. Souvenons-nous, c’était  dans le jardin,  celui que Marie-Madeleine prit d’abord pour le jardinier et qui s’avéra être Jésus enfin parvenu au terme de sa mission. Marie, n’écoutant alors que sa belle ferveur, à la fois pudique et affective,  se jette aux pieds du Seigneur pour les embrasser, comme elle l’avait jadis fait du « vivant » terrestre  de son Maître. Et là, surprise !  Jésus ne se laisse plus toucher ni retenir physiquement, car, lui dit-il,  il n’est pas encore remonté vers le Père ! C’est le même qui, exactement 20 ans plus tôt,  disait déjà à ses parents : Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père. Il n’a décidément pas changé de cap !  

Puis Jésus oriente alors Marie pour un nouvel élan,  vers le Père : Va trouver mes frères et dis-leur : je monte vers mon Père et votre Père. La voilà donc cette famille spirituelle qu’il est venu fonder : « Voici ma mère et mes frères. Ce sont ceux qui font la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » 

 Marie, la première en chemin,  l’avait d’ailleurs immédiatement perçu quand à Cana, elle se tourna sans hésitation vers les serviteurs et leur enjoignit de faire tout ce qu’il vous dira. C’est en faisant elle-même la volonté du Père qu’elle a vraiment été pour lui une mère. 

p. François MAROT

19 novembre

En ce temps-là,
    lorsque Jésus fut près de Jérusalem,
voyant la ville, il pleura sur elle, en disant :
    « Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour
ce qui donne la paix !
Mais maintenant cela est resté caché à tes yeux.
    Oui, viendront pour toi des jours
où tes ennemis construiront des ouvrages de siège contre toi,
t’encercleront et te presseront de tous côtés ;
    ils t’anéantiront,
toi et tes enfants qui sont chez toi,
et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre,
parce que tu n’as pas reconnu
le moment où Dieu te visitait. »

Chers frères et sœurs en Christ., bien aimé de Dieu, amis du Christ, l’Évangile que nous  méditons aujourd’hui nous rapporte les pleures de Jésus sur Jérusalem.  Jésus pleure peut nous paraître étrange. Pourtant cela n’est pas la première fois.  À la mort de son ami Lazare Jésus avait pleuré. Pendant la passion Jésus avait versé des larmes. Pourquoi pleure-t-il ? Jésus est pleinement homme et pleinement divin. Il n’ est donc pas étranger à notre condition humaine.  Il a pitié de la souffrance et de la misère de l’homme. Il a de la compassion pour notre humanité. Les larmes prophétiques de Jésus sur Jérusalem sont causées par son refus d’accueillir le prince de la paix. Ici la paix est synonyme d’ harmonie avec le Créateur. Jérusalem, cité de paix a pourtant tourné le dos à la source de la paix. Jérusalem a refusé l Amour de Dieu. Ce refus fait mal Alors que Dieu comme le dit saint Jean  Dieu a tant aimé le monde Qu ‘il a envoyé son fils unique afin qui croit en Lui ne périsse point mais ait la vie éternelle. Frères et sœurs en Christ, bien aimés de Dieu, aujourd’hui comme hier Jésus a toujours de la compassion pour notre humanité qui souffre de cette pandémie et bien d’autres fléaux. Le cœur de jésus continu de frémir pour notre société qui se ferme et se renferme sur elle-même au lieu d’ouvrir son cœur à Celui qui nous connaît et nous appelle par notre Nom.  Jésus frappe au cœur de chaque de nous. Ouvrons-le sans hésiter afin qu’ il puisse nous aider à traverser la tempête des temps modernes, car celui qui est sur le dos d’un éléphant n’a peur de la rosée. Que le Seigneur nous prenne en grâce et qu’il nous bénisse. Amen  Alleluia.

 Père Barthélemy ZAGRE curé de la paroisse de la Montagne de Lure

18 Novembre – Luc 19,11-28

En ce temps-là,
comme on l’écoutait,
Jésus ajouta une parabole :
il était près de Jérusalem
et ses auditeurs pensaient que le royaume de Dieu
allait se manifester à l’instant même.
Voici donc ce qu’il dit :
« Un homme de la noblesse
partit dans un pays lointain
pour se faire donner la royauté et revenir ensuite.
Il appela dix de ses serviteurs,
et remit à chacun une somme de la valeur d’une mine ;
puis il leur dit :
“Pendant mon voyage, faites de bonnes affaires.”
Mais ses concitoyens le détestaient,
et ils envoyèrent derrière lui une délégation
chargée de dire :
“Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous.”
Quand il fut de retour après avoir reçu la royauté,
il fit convoquer les serviteurs auxquels il avait remis l’argent,
afin de savoir ce que leurs affaires avaient rapporté.
Le premier se présenta et dit :
“Seigneur, la somme que tu m’avais remise
a été multipliée par dix.”
Le roi lui déclara :
“Très bien, bon serviteur !
Puisque tu as été fidèle en si peu de chose,
reçois l’autorité sur dix villes.”
Le second vint dire :
“La somme que tu m’avais remise, Seigneur,
a été multipliée par cinq.”
À celui-là encore, le roi dit :
“Toi, de même, sois à la tête de cinq villes.”
Le dernier vint dire :
“Seigneur, voici la somme que tu m’avais remise ;
je l’ai gardée enveloppée dans un linge.
En effet, j’avais peur de toi,
car tu es un homme exigeant,
tu retires ce que tu n’as pas mis en dépôt,
tu moissonnes ce que tu n’as pas semé.”
Le roi lui déclara :
“Je vais te juger sur tes paroles,
serviteur mauvais :
tu savais que je suis un homme exigeant,
que je retire ce que je n’ai pas mis en dépôt,
que je moissonne ce que je n’ai pas semé ;
alors pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ?
À mon arrivée, je l’aurais repris avec les intérêts.”
Et le roi dit à ceux qui étaient là :
“Retirez-lui cette somme
et donnez-la à celui qui a dix fois plus.”
On lui dit :
“Seigneur, il a dix fois plus !
– Je vous le déclare :
on donnera
à celui qui a ;
mais celui qui n’a rien
se verra enlever même ce qu’il a.
Quant à mes ennemis,
ceux qui n’ont pas voulu que je règne sur eux,
amenez-les ici
et égorgez-les devant moi.” »
Après avoir ainsi parlé,
Jésus partit en avant
pour monter à Jérusalem.

Curieuse parole de Dieu que celle d’aujourd’hui où le roi, devant ses ennemis qui refusent qu’Il règne sur eux, dit : « Amenez-les ici et égorgez-les devant moi » et où ce même roi est très attentif aux intérêts de son argent. Ce roi aurait-il oublié ce qu’auparavant il demandait : « Aimez vos ennemis ». « Heureux les pauvres de coeur ». Oui la parole de Dieu nous surprend par sa rudesse, son couperet final, mais Dieu ne change pas. Il est bien le tout Autre qu’il nous faut comprendre.
Une lecture rapide effectivement pourrait nous amener à cette triste réalité, mais la pointe de cette parabole est-elle là ? N’a-t-elle pas plutôt l’intention de nous positionner par rapport aux dons que Dieu nous fait ? Qu’en faisons-nous ? Il nous donne tout, la vie, le monde… quel trésor. En ce temps de confinement, plusieurs attitudes se présentent devant nous : nous replier sur nous-mêmes et attendre frileusement que les choses changent sans nous même lever le petit doigt ou allons-nous profiter de ce temps, cette grâce pour faire grandir la solidarité, la fraternité. Nous sommes appelés à travailler à la vigne du Seigneur et non pas à nous endormir.
Portons un regard bienveillant à l’égard de Dieu qui nous confie toute son œuvre. Quelle grande responsabilité nous avons, de faire découvrir à nos frères le beau visage d’un Dieu qui nous fait confiance et qui compte sur nous.

Père Christian VIAN