9 Décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus prit la parole :
« Venez à moi,
vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,
et moi, je vous procurerai le repos.
Prenez sur vous mon joug,
devenez mes disciples,
car je suis doux et humble de cœur,
et vous trouverez le repos pour votre âme.
Oui, mon joug est facile à porter,
et mon fardeau, léger. »

Il n’y a que dans l’intimité de l’amour que nous pouvons recevoir et accueillir une confidence…

C’est véritablement un secret que le Maître a soif de communiquer personnellement à chacun d’entre nous, tant Il sait dans son amour de compassion, que le cœur de l’homme est compliqué et malade !

A l’écoute de ce passage, il semblerait que de souffrir sous le poids du fardeau nous constitue membre de la communauté de ceux qui peinent (un dénominateur commun universel) et devrait nous prédisposer à cette intimité dans laquelle le Christ-Sauveur veut nous introduire pour nous permettre de goûter le repos qu’Il promet de nous procurer.

Refuser le poids du fardeau, rechigner, regimber, nous enfermerait immanquablement dans la révolte, dans ce cycle infernal des plaintes que nous connaissons bien tant il s’impose à notre nature blessée depuis la chute du péché des origines. Quel drame serait-ce de plonger dans l’isolement du repli sur soi qui nous fermerait l’accès au vrai bonheur ! Nous resterions alors paradoxalement membres de cette communauté de ceux qui peinent comme à Bézatha mais, privés du remède divin, nous peinerions toujours plus douloureusement avec ce lancinant sentiment d’injustice toujours croissant qui façonne subrepticement en nous une indécrottable identité de victimes…

L’Adversaire, l’Antique Serpent, raffole de nous voir glisser sur cette pente. Le pécheur, dans la peine des souffrances de la vallée de larmes, au lieu de s’amender et de grimper l’échelle de l’humilité, se laisse si facilement séduire par le fait de se plaindre. Cherchant alors à se justifier et à se déculpabiliser, il risque dangereusement de devenir avec le Démon, l’accusateur de ses frères !

Il y a hélas des victimes, l’église se dépense à leur service avec une sollicitude toujours plus explicite mais n’oublions jamais que la seule victime innocente, la seule victime absolue, parfaite d’amour, c’est l’Agneau sans tache, le Verbe fait chair expressément pour cela, la victime de propitiation que nous nous préparons à accueillir à Noël : l’Emmanuel et que nous célébrons dans la divine liturgie de la messe.

Ecoutant l’invitation du Maître, le disciple perspicace, alors qu’il serait tenté par réflexe de fuir le fardeau, choisi sous le souffle du don de conseil, de prendre à bras le corps le joug du Christ, d’accepter pour l’amour de Dieu que s’achève en lui ce qu’il manque à la passion de Notre Seigneur. A la suite du disciple que Jésus aimait, il connaîtra alors le repos sur le Cœur doux et humble du Maître où il lui sera donné – oh merveille ! – l’accès à la connaissance contemplative des mystères divins. Une connaissance dans la grâce sanctifiante, une connaissance opérative, régénératrice, qui guérit et vivifie. Fortifié et fidèle à Jésus crucifié, il se retrouvera immanquablement au pied de la Croix et y recevra de la surabondance de l’amour divin, Marie, la Mère de tous ceux qui peinent, la Consolatrice des affligés.

Chacun de nous est invité à saisir la croix, à ne plus la lâcher, à s’y agripper dans et pour l’amour du Seigneur. C’est dans cette posture mortifiante, que par pure miséricorde, il nous sera donné de trouver le vrai repos, celui d’une âme guérie ; de connaître dans la résonance de la réciprocité de l’amitié, la douceur et l’humilité du Cœur de Jésus ; de recevoir Marie comme Mère et de vivre intimement des mystères du salut dans l’esprit des béatitudes évangéliques.

C’est un secret ! Non pas tant d’en avoir connaissance mais d’en vivre ! De goûter au plus intime de notre âme, les effets de la miséricordieuse bonté d’un Dieu qui guérit les cœurs ! D’expérimenter vitalement que le joug du Christ est facile à porter et son fardeau léger.

Veuille la Vierge-Marie que nous avons fêtée hier dans son mystère d’Immaculée Conception, nous y enfanter !

Ave crux, spes unica !

Frère Matthieu

8 décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
    à une jeune fille vierge,
accordée en mariage à un homme de la maison de David,
appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.
    L’ange entra chez elle et dit :
« Je te salue, Comblée-de-grâce,
le Seigneur est avec toi. »
    À cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
    L’ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie,
car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
    Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
    Il sera grand,
il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu
lui donnera le trône de David son père ;
    il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n’aura pas de fin. »
    Marie dit à l’ange :
« Comment cela va-t-il se faire,
puisque je ne connais pas d’homme ? »
    L’ange lui répondit :
« L’Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut
te prendra sous son ombre ;
c’est pourquoi celui qui va naître sera saint,
il sera appelé Fils de Dieu.
    Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente,
a conçu, elle aussi, un fils
et en est à son sixième mois,
alors qu’on l’appelait la femme stérile.
    Car rien n’est impossible à Dieu. »
    Marie dit alors :
« Voici la servante du Seigneur ;
que tout m’advienne selon ta parole. »

Alors l’ange la quitta.

« Je vous salue Marie, pleine de grâce … »Cette prière mariale que nous récitons bien souvent reprend les mots que l’ange Gabriel adressait à Marie dans le passage de l’évangile choisi pour cette solennité de la Conception immaculée de Marie. Pas tout à fait cependant : saint Luc utilise un mot grec qui se traduit par « réjouis-toi ». Revient alors à notre mémoire l’oracle du prophète Sophonie qui a fait l’objet d’un cantique que nous avons souvent chanté : « … fille de Sion, réjouis-toi… ris de tout ton cœur… le Seigneur est au milieu de toi « (So 3, 14-15). Cette joie est bien la conséquence de la présence du Sauveur autrefois à Jérusalem mais aujourd’hui celle de Jésus dans le sein de Marie. C’est le premier instant de la Bonne nouvelle qui va dès lors se propager avec la joie qu’elle entraine à travers le temps et l’espace. Marie va se mettre en route rapidement pour rejoindre sa cousine Elisabeth et. l’enfant qu’elle porte (Jean le Baptiste) tressaille d’allégresse en elle en entendant sa salutation (Lc 1, 41). Dans la nuit de Noël les bergers reçoivent le message de l’ange : « Je viens vous annoncer une bonne nouvelle qui sera une grande joie pour tout le peuple » (Lc 2, 10). Jésus va parcourir nos chemins, choisir des disciples, les instruire, et alors que son arrestation va devenir imminente il leur dit : « … vous serez affligés mais votre affliction tournera en joie » (Jn 16, 20) et en effet, au soir de la Résurrection « En voyant le Seigneur, les disciples furent tout à la joie« (Jn 20,20). Depuis l’Église se doit de vivre dans la joie.

Mais revenons au récit de l’annonciation faite à Marie : alors que les termes de la salutation de l’ange sont exprimés au présent, ceux de l’annonciation le sont au futur. En effet, il faut attendre le « oui » de Marie qui apprenant le comment « L’Esprit Saint viendra sur toi » (Lc 1, 37) peut alors répondre avec toute sa foi « Que tout se passe pour moi comme tu me l’a dit ». Dieu ne veut rien faire sans nous, il fait appel à notre collaboration. Ayant reçu l’acceptation de Marie « l’ange la quitta »(Lc 1, 27). À elle de se mettre en route et c’est ce qu’elle fit et même rapidement (Lc 1, 39)

Si Dieu attendait le « oui » de Marie pour accomplir son œuvre, il attend aussi notre « oui » à nous aujourd’hui pour poursuivre et pour continuer à répandre la joie de son salut dans le cœur de tous les hommes nos frères. Mettons-nous en route rapidement…

Yves d’Orval

7 décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un jour que Jésus enseignait,
il y avait dans l’assistance des pharisiens
et des docteurs de la Loi,
venus de tous les villages de Galilée et de Judée,
ainsi que de Jérusalem ;
et la puissance du Seigneur était à l’œuvre
pour lui faire opérer des guérisons.
Arrivent des gens, portant sur une civière
un homme qui était paralysé ;
ils cherchaient à le faire entrer
pour le placer devant Jésus.
Mais, ne voyant pas comment faire à cause de la foule,
ils montèrent sur le toit
et, en écartant les tuiles,
ils le firent descendre avec sa civière
en plein milieu devant Jésus.
Voyant leur foi, il dit :
« Homme, tes péchés te sont pardonnés. »
Les scribes et les pharisiens se mirent à raisonner :
« Qui est-il celui-là ? Il dit des blasphèmes !
Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? »
Mais Jésus, saisissant leurs pensées, leur répondit :
« Pourquoi ces pensées dans vos cœurs ?
Qu’est-ce qui est le plus facile ?
Dire : “Tes péchés te sont pardonnés”,
ou dire : “Lève-toi et marche” ?
Eh bien ! Afin que vous sachiez que le Fils de l’homme
a autorité sur la terre pour pardonner les péchés,
– Jésus s’adressa à celui qui était paralysé –
je te le dis,
lève-toi, prends ta civière
et retourne dans ta maison. »
À l’instant même, celui-ci se releva devant eux,
il prit ce qui lui servait de lit
et s’en alla dans sa maison en rendant gloire à Dieu.
Tous furent saisis de stupeur et ils rendaient gloire à Dieu.
Remplis de crainte, ils disaient :
« Nous avons vu des choses extraordinaires aujourd’hui ! »

Le Seigneur va venir, Il « Advient ». Isaïe nous annonce sa venue : « Il vient, Lui-même, et va nous sauver ».

Et Luc nous présente ce grand malade, ce paralysé, si faible qu’il a besoin de l’aide de quatre hommes pour être présenté à Jésus. Il ne dit rien, mais toute la peine que prennent ses amis exprime son attente : Il voudrait tant pouvoir se lever. Pourrions-nous nous reconnaître en lui ? Avons-nous le même désir d’être sauvés par Jésus ? Avons-nous conscience de notre faiblesse ? On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif ! Comment pourrions-nous attendre avec impatience la venue de Jésus si nous n’attendons rien de lui ?

Jésus répond à la demande même si cette demande est muette. Il répond aux demandes du paralysé. Il donne le pardon, il donne la force…

Le pardon, nous savons bien comment le demander au Seigneur. Et d’ailleurs, aujourd’hui où la taille des assemblées est limitée dans nos églises, rien ne nous empêche d’aller rencontrer un prêtre en particulier.

Mais ce n’est pas tout ; qu’allons-nous demander à Jésus ? De quelle grâce avons-nous besoin ? De quoi devons-nous être guéris ? Osons demander ! Osons dire à Jésus pourquoi nous avons besoin qu’il vienne.

Et alors ce Noël ne sera pas un Noël comme les autres parce que nous fêterons la venue du Sauveur avec une joie d’autant plus grande que nous l’aurons plus désirée.

un moine

5 Décembre

Méditation de l’évangile du jour. Samedi 5 décembre 2020

Matthieu (9, 35—10, 1.5a.6-8)

En ce temps-là, Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : «La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombre. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.» Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : «Allez vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »

– Acclamons la Parole de Dieu

«La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux.»

            Dans cet extrait de l’évangile, Matthieu nous présente d’abord la mission de Jésus qui enseigne le Royaume et guérit les malades; ensuite la grande mission des Douze apôtres, et cette mission est confiée à tous les baptisés. Car l’urgence missionnaire incombe à tous les baptisés «disciples-missionnaires».

            Jésus a eu compassion des foules comparées aux brebis sans berger. Le troupeau dont Jésus est le Berger ressemblait à une moisson en manque d’ouvriers. La moisson du Royaume de Dieu est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux aujourd’hui comme à l’époque des Apôtres. Aux Douze Apôtres, Jésus leur demande de prier afin que ce soit le Maître qui envoie Lui-même les ouvriers dans son champ.

            En ces temps difficiles, prions sans cesse comme nous invite saint Paul (cf.1 Th 5, 17), pour que Dieu envoie Lui-même les ouvriers dans notre monde d’aujourd’hui. Les Douze Apôtres ont été envoyés en mission vers les brebis perdues de la maison d’Israël pour proclamer la Bonne Nouvelle et poser des actes générateurs de vie: guérir les corps et les âmes. Nous sommes tous appelés et envoyés comme ces Douze Apôtres; nous sommes appelés, de par notre baptême, à cette même mission et à ce même zèle missionnaire envers nos frères et sœurs. Comme nous le rappelle le pape François: «Dans tous les baptisés, du premier au dernier, agit la force sanctificatrice de l’Esprit qui incite à évangéliser.» (E.G, n°119). Et si l’envoi des Douze Apôtres en mission pouvait stimuler tous les baptisés «disciples-missionnaires» à évangéliser dans nos villes et villages…

            Pendant cette neuvaine de l’Immaculée Conception, demandons à la Vierge Marie d’intercéder pour nous auprès de son Fils Jésus, Lui qui a eu pitié des foules délaissées afin qu’Il suscite pour sa moisson des nombreux ouvriers, pour que soit partout proclamée sa Bonne Nouvelle et manifestée sa volonté de soulager toute détresse.

                                                                                                          Père Jean LUMBALA

4 Décembre

Aveugles, nous !

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus était en route ;
deux aveugles le suivirent, en criant :
« Prends pitié de nous, fils de David ! »
Quand il fut entré dans la maison,
les aveugles s’approchèrent de lui,
et Jésus leur dit :
« Croyez-vous que je peux faire cela ? »
Ils lui répondirent :
« Oui, Seigneur. »
Alors il leur toucha les yeux, en disant :
« Que tout se passe pour vous selon votre foi ! »
Leurs yeux s’ouvrirent,
et Jésus leur dit avec fermeté :
« Attention ! que personne ne le sache ! »
Mais, une fois sortis,
ils parlèrent de lui dans toute la région.

– Acclamons la Parole de Dieu.

Deux aveugles ! Pourquoi deux ? Pour grandir, nous avons besoin d’un vis-à-vis, c’est un premier temps. Le deuxième temps est le temps du dépassement du deux vers le trois. Pour les deux aveugles, le dépassement, le Tiers, c’est le Christ. La rencontre avec Lui les révèlera à eux-mêmes.

Pourquoi deux Testaments, le premier et le nouveau ? Les deux testaments se répondent, sont en dialogue, mais il manque le dépassement. Pour le dépassement des deux Testaments, c’est la mission de l’Esprit Saint qui nous explique tout et nous donne de voir.  Le troisième testament c’est nos vies en accord avec la révélation et éclairées par L’Esprit Saint, avec notre collaboration et notre consentement.

Ces deux aveugles sont-ils aveugles jusque dans leur vie intérieure ? Bien sûr que non. Tout ira vite avec Jésus. Pour que soient révélées toutes leurs richesses intérieures, il manquait cette rencontre décisive qui va mettre en lumière ce qu’ils sont réellement : des êtres capables de foi, c’est-à-dire de vivre de leur vie intérieure profonde, là où naît la foi, là où l’Esprit saint agit en eux.

Quels sont nos lieux d’aveuglement ? Quels sont les lieux où manque la « claire-voyance » dans notre propre vie ? Comment Jésus réalise les œuvres de Dieu en nous ? Comment nous regarde-t-il ? Peut-être nous espère-t-il ? C’est-à-dire qu’il veut nous attirer vers le haut, vers plus d’humanité, de liberté et d’autonomie. Alors oui, nous voulons bien engager notre liberté pour être nous aussi acteurs dans cette croissance, dans cette transformation.

Peut-être aussi, veut-il que par son œuvre en nous, nous puissions changer notre regard sur les autres. Une chose est la vie psychologique et autre chose la vie intérieure. La vie intérieure, c’est la vie de l’Esprit sanctifiant notre vie psychologique. Il y a un plus, un au-delà, une transcendance. Dans l’Esprit Saint, notre être est librement et consciemment relié à la source de tout amour, cet amour d’où nous venons, cet amour dont nous sommes pétris, cet amour vers lequel nous allons.

Père Bernard-Maie Geffroy

3 Décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7, 21.24-27

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux.
Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là
et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc.
La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc.
Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable.
La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. »

         As-tu remarqué que les deux maisons subissent exactement les mêmes intempéries? La première n’est donc pas en brique et ciment et la seconde n’est pas construite en paille ou en bois. Jésus n’évoque donc pas le conte pour enfants du XIXème s., décrivant un cochon plus habile et intelligent que ses deux frères, capable de construire une maison assez solide pour éviter le souffle dévastateur d’un loup affamé.

         Tu subis en ce moment , comme la quasi-totalité de l’humanité, cette pandémie. Les conséquences pour toi sont peut-être différentes suivant ton âge, ta situation professionnelle, familiale, ta résistance ou non au virus, tes fragilités et tes forces, tes angoisses et questions, ta santé… Une chose est certaine, ta maison a été agitée et je souhaite que son écroulement n’ait pas été complet.

         Ces deux maisons sont ébranlées par des malheurs extérieurs et incontrôlables. De la même manière, depuis bientôt un an, la COVID, virus extérieur et pour le moment difficilement contrôlable, t’éprouve avec plus ou moins de violence.

         Jésus fait un lien entre la fondation des maisons et le fait de vivre la volonté de son Père. Cette volonté n’est sûrement pas une obéissance docile et servile: «ne suffit pas de me dire Seigneur, Seigneur». Cette volonté n’est pas non plus une distance telle que tu aurais à te débrouiller au travers des aléas de la vie et de ta condition humaine.

         Cette volonté du Père a désormais un visage, un corps, un nom: le Christ. Cette volonté du Père est le désir de Dieu fait homme au soir de Noël. Cette volonté du Père s’est donnée sur la croix pour te faire vivre et désormais bâtir ta vie sur le roc. Tu ne subiras pas moins de difficultés, d’angoisses, de morts que les autres sous prétexte que tu es disciple-missionnaire mais tu sauras (parfois avec du temps, de la prière, de la fraternité) y lire à la fois la présence de Dieu, à la fois des sœurs et des frères à aimer. La volonté du Père est entièrement résumée dans ce commandement biface: aime Dieu-aime ton prochain (Marc 12:28-31)

Stéphane Ligier, curé du secteur de Riez

2 Décembre

Mt 15,29-37

En ce temps-là,
Jésus arriva près de la mer de Galilée.
Il gravit la montagne et là, il s’assit.
De grandes foules s’approchèrent de lui,
avec des boiteux, des aveugles, des estropiés, des muets,
et beaucoup d’autres encore ;
on les déposa à ses pieds et il les guérit.
Alors la foule était dans l’admiration
en voyant des muets qui parlaient, des estropiés rétablis,
des boiteux qui marchaient, des aveugles qui voyaient ;
et ils rendirent gloire au Dieu d’Israël.
Jésus appela ses disciples et leur dit :
« Je suis saisi de compassion pour cette foule,
car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi,
et n’ont rien à manger.
Je ne veux pas les renvoyer à jeun,
ils pourraient défaillir en chemin. »
Les disciples lui disent :
« Où trouverons-nous dans un désert assez de pain
pour rassasier une telle foule ? »
Jésus leur demanda :
« Combien de pains avez-vous ? »
Ils dirent :
« Sept, et quelques petits poissons. »
Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre.
Il prit les sept pains et les poissons ;
rendant grâce,
il les rompit,
et il les donnait aux disciples, et les disciples aux foules.
Tous mangèrent et furent rassasiés.
On ramassa les morceaux qui restaient :
cela faisait sept corbeilles pleines.

Ce second récit de la multiplication des pains chez saint Matthieu est proche d’une célébration eucharistique. On y retrouve les quatre verbes essentiels liés à la fraction du pain : prendre, rendre grâce, rompre et donner. Dans chaque Eucharistie, cette même séquence se reproduit, ou plutôt c’est le sacrifice du Christ qui est actualisé. Nous revivons le mystère de sa mort et de sa résurrection pour le salut du monde. Cette réalité-là annonce le festin du Royaume, mais elle ne nous fait pas oublier à quels gens Jésus s’adresse ici.

La foule comporte en son sein des boiteux, des aveugles, des estropiés, des muets et bien d’autres encore, nous-mêmes assurément. Jésus est effectivement celui qui doit venir. Nous n’avons pas à en attendre un autre (cf. Mt 11,4-5). Tous les signes de la présence du Messie, résumés dans l’annonce de la Bonne Nouvelle aux pauvres, sont là présents sous nos yeux. Jésus se tient à notre porte. Soyons prêts à lui ouvrir lorsqu’il frappera pour prendre la cène avec nous (cf. Ap 3, 20). Que notre cœur soit toujours en éveil dans la nuit.

Frère André Ardouin

1er Décembre

Lc 10, 21-24

Il y a eu confinement puis déconfinement, puis reconfinement, à quand le déconfinement et ainsi de suite… ?

En ce mardi de la première semaine d’ Avent que nous dit la parole de Dieu ?

700 ans avant le Christ le prophète Isaïe a parlé de sa venue d’une manière magnifique.

« Sur Lui reposera l’Esprit du Père, sagesse, discernement, conseil, force, connaissance, crainte du Seigneur. »

Cela nous annonce un grand esprit d’amour à travers des images surprenantes ;

« le loup mangera avec l’agneau, la panthère se couchera avec le chevreau, le veau, le lionceau et la bête grasse iront ensemble « ;

« conduits par un petit garçon.., » «   conduits par un petit garçon, »  Tiens ?

  Et aussi cette phrase prononcée par Notre Seigneur : Si vous ne devenez comme de tout petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux (Math 18-3)

  Le royaume a besoin des petits. Ainsi croire est comparable à l’acte d’un enfant faisant confiance à ses parents. Notre foi « d’enfants » nous ouvre la porte à la connaissance de Dieu et à la vie éternelle.

   Il faut être PETIT pour recevoir la sagesse de Jésus ,c’est ce qu’il nous dit dans l’évangile .Il nous est dit aussi que le Père céleste cache ces mystères aux sages et aux savants…

   Connaître Dieu n’est surtout pas un avantage qui serait d’ordre intellectuel, réservé à une élite. Les petits peuvent découvrir sur Dieu des choses que les « sages » n’arrivent pas à comprendre.

   Le tout petit croit profondément en l’autorité de son père et de sa mère et il adhère pleinement à ce que ses parents lui disent . Jésus attend cela de nous, que nous soyons ses petits enfants à la foi indéfectible !

   Après avoir exulté sachant que les  sages et les savants ne comprennent rien, mais que les tout petits adhèrent, il se tourne vers ses apôtres et leur dit ; « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez, beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez  et ne l’ont pas entendu ! »

De qui s’agit-il ? Et bien du Seigneur Jésus en personne, entendre la voix de Dieu par sa voix humaine, voir Dieu agir à travers ses mains.

  En attendant, il nous faut avoir ce cœur d’enfant qui plait tant à Dieu pour accueillir bientôt Jésus à Noël.

N’argumentons pas,restons petits. Attention à notre intelligence qui ramène tout à nous et qui ne va pas loin . Mais elle peut être belle quand elle reçoit, et non disséquer, analyser, réfléchir. Elle doit plutôt porter le mystère en elle, c’est ainsi qu’elle ne détruit pas. Voilà comment Notre Seigneur nous demande de penser, méditer, prier, comme des tout petits à genoux, les mains jointes, les yeux tournés vers le ciel et qui attendent tout de leur Père du ciel, quelles que soient les circonstances, mêmes difficiles, que nous vivons comme celles évoquées en introduction…

   Dans notre vie spirituelle nous ne nous préoccupons pas du nombre d’années passées sur terre, mais de l’ardeur intérieure de chacun à faire quelque chose et à devenir quelqu’un ; devenir enfant de Dieu.

   Si nous voulons vraiment devenir un enfant, nous devons ressentir que nous avons toujours quelque chose à apprendre et que Dieu est là pour nous l’enseigner. Dans la vie spirituelle nous apprenons chaque jour quelque chose de notre Père divin, à chaque heure, à chaque minute, chaque seconde.

   Pour celui qui a conscience d’être en chemin avec le Seigneur, la divinité de Dieu qu’il reçoit dans l’Eucharistie le sanctifie et le conduit vers la sainteté dans la petitesse où nous sommes tous appelés !                                                                                Diacre Bernard Dubrulle

30 Novembre 2020 (St André, apôtre)

Mt 4, 18-22

En ce temps-là,
    comme Jésus marchait le long de la mer de Galilée,
il vit deux frères,
Simon, appelé Pierre,
et son frère André,
qui jetaient leurs filets dans la mer ;
car c’étaient des pêcheurs.
    Jésus leur dit :
« Venez à ma suite,
et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »
    Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.

De là, il avança et il vit deux autres frères,
Jacques, fils de Zébédée,
et son frère Jean,
qui étaient dans la barque avec leur père,
en train de réparer leurs filets.
Il les appela.
    Aussitôt, laissant leur barque et leur père,
ils le suivirent.

    L’Évangile raconte l’appel des premiers Apôtres. Quatre pêcheurs travaillent sur le lac de Tibériade.

   L’un d’entre eux, André, jette les filets à la mer. Du rivage, Jésus les appelle à devenir ses disciples. Jésus a voulu appeler, dès le début, des Apôtres, pour les associer à son œuvre de salut.

   Jésus unifie ainsi les deux dimensions, de l’amour. Il fait preuve d’amour envers le Père céleste en prêchant le Royaume de Dieu et l’amour envers ses frères, puisqu’il les associe à son œuvre.

   Jésus n’est pas un personnage solitaire qui prétend accomplir son œuvre seul, sans aucune collaboration. André comme les autres est tout à la joie d’avoir été choisis par Celui qui vient faire toutes choses nouvelles. Ils laissent immédiatement leurs filets et le suivent.

   Nous avons ici de magnifiques exemples des docilités à un appel de Jésus.

   Il est aujourd’hui très important que de nombreuses personnes, jeunes ou moins jeunes, soient dociles à l’appel de Dieu.

   On peut avoir l’impression que les vocations viennent à manquer. En réalité, ce n’est pas l’appel de Dieu qui manque, mais la réponse qui lui est apportée.

   Prions afin que les personnes appelées par le Seigneur, soient prêtes à tout laisser pour suivre Jésus, notre Maître , Seigneur et Sauveur.

   Et puisque Saint André, nous introduite au temps de l’Avent, prions-le, afin que nous vivions cette période d’attente dans la même allégresse.

                                                                  Père Wojciech PLEWCZYNSKI

Samedi 29 novembre

Evangile de Jesus-Christ selon Saint Marc (13, 33-37)

« Veillez, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison »

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »

Les Chinois commencent en février, nos frères et sœurs Juifs avec Roshashana, je veux parler d’une fête ou célébration pour commencer la nouvelle année. On pourrait dire que pour nous chrétiens l’année ne commence pas le 1er janvier, mais le premier jour de l’Avent parce ce jour-là c’est le début de notre année liturgique que nous vivrons le 29 novembre. Ce temps de l’Avent nous est donné non pour préparer Noël comme je l’ai pensé pendant des années, mais pour nous inviter à quelque chose d’important que l’évangile de ce dimanche mentionne à trois reprises : la notion de veille. Cette invitation n’est pas à prendre au pied de la lettre bien sûr. Derrière cette demande du Seigneur il y a un moyen qui nous est donné qui nous aidera à rester dans cet état. Je veux parler du désir. Saint Augustin disait « Toute la vie du vrai chrétien est un saint désir. Sans doute, ce que tu désires, tu ne le vois pas encore : mais le désir te rend capable, quand viendra ce que tu dois voir, d’être comblé. » Quand on désire, on se repose pas. Ce que le Bon Dieu attend de nous, ce n’est pas que nous ayons de belles fêtes de Noël, (même si c’est important dans le contexte actuel), mais c’est de voir grandir un désir dans notre cœur, le désir de son retour, de le retrouver, de le contempler. L’église à travers la liturgie est là pour nous aider à travers la communauté rassemblée, les écritures, les sacrements sans oublier le témoignage à vivre cette attente de ce jour les yeux tournés vers ces réalités invisibles. Et l’Avent est ce temps particulier pour commencer notre année en creusant le désir de cette rencontre avec notre Seigneur. Saint Augustin disait encore : « De même, Dieu, en faisant attendre, étend le désir ; en faisant désirer, il étend l’âme ; en étendant l’âme, il la rend capable de recevoir. » Bonne Année liturgique dans ce saint désir pour que le Seigneur soit en tous.

Père Jacques Rigaud