9 Décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus prit la parole :
« Venez à moi,
vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,
et moi, je vous procurerai le repos.
Prenez sur vous mon joug,
devenez mes disciples,
car je suis doux et humble de cœur,
et vous trouverez le repos pour votre âme.
Oui, mon joug est facile à porter,
et mon fardeau, léger. »

Il n’y a que dans l’intimité de l’amour que nous pouvons recevoir et accueillir une confidence…

C’est véritablement un secret que le Maître a soif de communiquer personnellement à chacun d’entre nous, tant Il sait dans son amour de compassion, que le cœur de l’homme est compliqué et malade !

A l’écoute de ce passage, il semblerait que de souffrir sous le poids du fardeau nous constitue membre de la communauté de ceux qui peinent (un dénominateur commun universel) et devrait nous prédisposer à cette intimité dans laquelle le Christ-Sauveur veut nous introduire pour nous permettre de goûter le repos qu’Il promet de nous procurer.

Refuser le poids du fardeau, rechigner, regimber, nous enfermerait immanquablement dans la révolte, dans ce cycle infernal des plaintes que nous connaissons bien tant il s’impose à notre nature blessée depuis la chute du péché des origines. Quel drame serait-ce de plonger dans l’isolement du repli sur soi qui nous fermerait l’accès au vrai bonheur ! Nous resterions alors paradoxalement membres de cette communauté de ceux qui peinent comme à Bézatha mais, privés du remède divin, nous peinerions toujours plus douloureusement avec ce lancinant sentiment d’injustice toujours croissant qui façonne subrepticement en nous une indécrottable identité de victimes…

L’Adversaire, l’Antique Serpent, raffole de nous voir glisser sur cette pente. Le pécheur, dans la peine des souffrances de la vallée de larmes, au lieu de s’amender et de grimper l’échelle de l’humilité, se laisse si facilement séduire par le fait de se plaindre. Cherchant alors à se justifier et à se déculpabiliser, il risque dangereusement de devenir avec le Démon, l’accusateur de ses frères !

Il y a hélas des victimes, l’église se dépense à leur service avec une sollicitude toujours plus explicite mais n’oublions jamais que la seule victime innocente, la seule victime absolue, parfaite d’amour, c’est l’Agneau sans tache, le Verbe fait chair expressément pour cela, la victime de propitiation que nous nous préparons à accueillir à Noël : l’Emmanuel et que nous célébrons dans la divine liturgie de la messe.

Ecoutant l’invitation du Maître, le disciple perspicace, alors qu’il serait tenté par réflexe de fuir le fardeau, choisi sous le souffle du don de conseil, de prendre à bras le corps le joug du Christ, d’accepter pour l’amour de Dieu que s’achève en lui ce qu’il manque à la passion de Notre Seigneur. A la suite du disciple que Jésus aimait, il connaîtra alors le repos sur le Cœur doux et humble du Maître où il lui sera donné – oh merveille ! – l’accès à la connaissance contemplative des mystères divins. Une connaissance dans la grâce sanctifiante, une connaissance opérative, régénératrice, qui guérit et vivifie. Fortifié et fidèle à Jésus crucifié, il se retrouvera immanquablement au pied de la Croix et y recevra de la surabondance de l’amour divin, Marie, la Mère de tous ceux qui peinent, la Consolatrice des affligés.

Chacun de nous est invité à saisir la croix, à ne plus la lâcher, à s’y agripper dans et pour l’amour du Seigneur. C’est dans cette posture mortifiante, que par pure miséricorde, il nous sera donné de trouver le vrai repos, celui d’une âme guérie ; de connaître dans la résonance de la réciprocité de l’amitié, la douceur et l’humilité du Cœur de Jésus ; de recevoir Marie comme Mère et de vivre intimement des mystères du salut dans l’esprit des béatitudes évangéliques.

C’est un secret ! Non pas tant d’en avoir connaissance mais d’en vivre ! De goûter au plus intime de notre âme, les effets de la miséricordieuse bonté d’un Dieu qui guérit les cœurs ! D’expérimenter vitalement que le joug du Christ est facile à porter et son fardeau léger.

Veuille la Vierge-Marie que nous avons fêtée hier dans son mystère d’Immaculée Conception, nous y enfanter !

Ave crux, spes unica !

Frère Matthieu

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