10 novembre « Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir » (Lc 17, 7-10)

En ce temps-là,
Jésus disait :
    « Lequel d’entre vous,
quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes,
lui dira à son retour des champs :
“Viens vite prendre place à table” ?
    Ne lui dira-t-il pas plutôt :
“Prépare-moi à dîner,
mets-toi en tenue pour me servir,
le temps que je mange et boive.
Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour” ?
    Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur
d’avoir exécuté ses ordres ?
    De même vous aussi,
quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné,
dites :
“Nous sommes de simples serviteurs :
nous n’avons fait que notre devoir” »

            Nous avons tous en tête ces domestiques, ces majordomes et valets qui passent une vie entière au service d’un seigneur, d’un noble ou d’un bourgeois selon les époques. Cette domesticité atteignait doublement l’identité de l’individu.

Il.elle devenait une personne de service. Toute l’éducation était tournée vers le service, le bon soin d’une maisonnée. La personne était notée et jugée sur cette qualité première.

Le deuxième point est celui de la relation. Elle devenait la servante d’un tel ; ou le majordome de tel autre. Le métier inscrivait notre identité propre dans celle d’un autre. La nouvelle appellation de « Service à la personne » rend compte de ce double aspect.

            Dans l’évangile de ce jour, nous sommes appelés à vivre ce double aspect. Comme chrétien, nous devenons des « charitables », des personnes qui inscrivons le service comme l’un des fondements de notre vie chrétienne. « Qu’as-tu fait de ton frère ? » devient une exigence spirituelle. Nous sommes fait pour prendre soin (cura) de notre frère.

Comme chrétien, toute notre vie est définit par un Autre. Nous sommes appelés « enfants de Dieu, et nous le sommes vraiment ». Cette identité ne se rajoute pas à la nôtre, elle la transcende. Nous sommes des êtres en relation. « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi ».

L’obéissance n’est donc pas un acte à poser mais une identité à vivre.

            Fort heureusement, si les domestiques du XXe siècle ont massivement râlé contre les abus de leur maître, nous n’avons rien à reprocher à Dieu. Nous prenons soin de Lui en toute confiance car il prend soin de nous. Le soin est une des caractéristique que Benoît XVI attribue au gouvernement de Dieu. Il y a donc une connivence entre le gouvernement et le service d’obéissance. C’est cette connivence qui établit notre obéissance comme une obéissance de plaisir. Notre premier service est de vouloir le bon plaisir du Maître.

            L’exercice de l’obéissance nous fait découvrir donc plus fortement le regard d’un Dieu bienveillant. Pour reprendre ce jeu de mot en hébreu : le Maître devient l’Époux. Éclairés par cela, lisons à nouveau ce verset : « Nous serons semblables à Lui car nous le verrons tel qu’Il est. »

Guillaume

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